attentes...

En ce qui me concerne, je n'ai pas forcément d'idée arrêtée sur ce que pourrait être l'école idéale, et je pense que la diversité des approches est une richesse. J'ai, par contre, des idées très claires sur ce que je ne veux pas pour mes enfants. 

 

Je ne souhaite pas une école où l'enfant puisse développer un sentiment d'insécurité. Cela suppose donc une école où :

- la relation à l'adulte est suffisamment bienveillante pour que l'enfant puisse percevoir ce dernier comme un "allié" et non comme un "juge"

- l'entraide collective est mise en avant afin de ne pas dépendre d'un nombre limité d'adultes "protecteurs" (enfants médiateurs, échanges de savoirs et "parrainage" des nouveaux...) 

- les règles de l'établissement, de la collectivité sont expliquées, comprises et potentiellement perfectibles, afin de ne pas paraître arbitraires et figées (l'idéal étant la participation des enfants à la rédaction du règlement de l'école)

 

Je ne souhaite pas une école fermée sur elle-même. Cela suppose donc une école qui : 

- cultive les échanges avec l’extérieur (correspondants, sorties, projets découverte)

- favorise les échanges inter classes (décloisonnements...) et intra classe (mixité, classe par cycle, multi niveaux...)

- implique les parents dans la vie de l'école (important pour les enfants comme pour les parents, en leur permettant par la même occasion de percevoir un peu de l'ambiance qui règne dans ce lieu de vie où évoluent leurs enfants)

 

Je ne souhaite pas une école qui développe l'individualisme, mais qui au contraire contribue à l'apprentissage du vivre ensemble :

- pratiques citoyennes à l'échelle de l'école et de la classe

- pratiques coopératives (illustrations du proverbe africain "seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin")

- pas de mise en concurrence des élèves à travers les classements (l'évaluation de l'enfant doit se faire par rapport à un niveau attendu, éventuellement convenu en amont entre le maître et l'enfant, et non par rapport aux autres)

 

Je souhaite une école qui développe la confiance en soi :

- cela suppose de montrer à l'enfant qu'il a les ressources pour développer son autonomie dans les apprentissages (en sachant notamment où trouver l'aide dont il a besoin, dans les manuels comme auprès de ses camarades, le maître n'étant qu'un moyen parmi d'autres) 

- cela suppose de développer chez l'enfant sa capacité à mieux se connaître et à mieux connaître les autres 

- cela suppose de ne pas stigmatiser l'erreur, qui doit être perçue comme une étape nécessaire à l'apprentissage et non comme un jugement de valeur

 

C'est sur ces points que je souhaiterais, en tant que parent, pouvoir faire un choix d'école pour mes enfants et aujourd'hui, seules les écoles à pédagogie ouvertement alternative (style Freinet, Steiner, Montessori... ) permettent aux parents intéressés d'avoir un peu de visibilité sur ces sujets et de faire un choix "informé". Je trouve d'une grande malhonnêteté intellectuelle de prétendre qu'avec un établissement publique "classique" les parents exercent un quelconque choix pédagogique, d'autant qu'avec la sectorisation, je ne vois pas bien où se trouve le choix, à part celui fait entre public et privé. 

 

Mes attentes en tant que parent sont forcément un peu orientées par mon expérience d'enseignante qui tâtonne dans les pratiques Freinet et autres.
Ce que je souhaite surtout, c'est que mes enfants fassent l'expérience d'une vie en collectivité où ils expérimentent l'écoute de l'autre, la prise de décision collective, le respect de chacun, la mise en place collective de règles qui assurent la sécurité et l'épanouissement de tous. Qu'ils fassent l'expérience concrète de la démocratie, quoi !

Autres points de vue maintenant, pour compléter.

Dans mon travail, je vois que les parents sont réceptifs à certains outils que l'on met en place à l'école, pour peu que l'on communique dessus : le travail en début d'année sur les règles de l'école et de la classe, le conseil de classe hebdomadaire, les messages clairs (certains enfants les utilisent ensuite à la maison).
Ils apprécient aussi beaucoup les projets qui favorisent l'entraide, la coopération : la lecture aux petits de maternelle, l'inclusion des élèves d'Ulis dans les classes, les ateliers décloisonnés sur toute l'école.
Enfin ils apprécient d'être associés à la vie de l'école : réelle participation aux ateliers décloisonnés, au rallye littéraire, au rallye patrimoine, avec encadrement d'un petit groupe d'élèves ; "café convivial" pour les parents ; portes ouvertes en fin d'année.

Évidemment, ça ne touche qu'une petite partie des parents ! Mais il me semble que des parents intéressés par une école "alternative" seraient sans doute un peu les mêmes qui sont sensibles à ces actions.

Les parents les plus intéressés par les pratiques pédagogiques (souvent les représentants des parents) sont sensibles à tout ce qui nous permet de gérer l'hétérogénéité des élèves : possibilité pour un élève d'aller faire de la lecture ou des maths dans un autre niveau de classe que le sien quand c'est plus adapté pour lui ; présence d'un maître plus sur l'école, ce qui permet le travail en groupes, en ateliers, en co-animation ; mise en réseau des différents intervenants (Rased, enseignant enfants du voyage, bénévoles du centre socio-culturel, etc). Et également, ils sont très demandeurs de projets qui ouvrent l'enfant sur le monde : parcours culturels et artistiques, classes de découverte, participation à des projets entre écoles,...

En attendant d'avoir un peu de temps pour vous rejoindre sur l'avancée de ce projet, je vous suis de près, je soutiens, j'espère !

Pourquoi je ne peux me satisfaire d’une école publique qui s’appuie sur des programmes centralisés et la liberté pédagogique?

 

D’une part la coopération, bien sûr, qui n’est pas un vain mot tant cela renvoie à la notion d’égalité, est un maillon faible de l’éducation nationale mais est portant déterminante dans la réussite de tous les élèves. Cette coopération justifie la volonté de s’extraire d’une hiérarchie pour le fonctionnement des enseignants et de travailler à l’autonomie réelle des élèves.

 

D’autre part l’expérimentation qui évite le catalogue de moyens mais met à l’avant le tâtonnement et l’erreur comme forme d’apprentissage...

 

Enfin permettre à l’enfant un travail émancipateur, car il ne s’agit pas de le voir ânonner ni se conformer à des attentes plus ou moins explicites mais lui permettre d'éprouver le monde et la nature qui l’entoure.